Appelez-moi Superwoman

Un coup de poing énergique dans le nez, et le méchant tombe à terre, hébété, assommé, peu importe, c’est toi qui as gagné. Tu époussettes les peluches qu’il a laissées sur ton costume aux couleurs criardes. Tu bombes le torse, tu replaces une mèche imaginaire dans ton chignon serré, un sourire Email Diamant, un clin d’œil coquin en direction de la caméra, et ça y est, tu es repartie pour de nouvelles aventures.
Maintenant que tu as réglé son compte au Vilain Voleur de Sacs À Main, tu cours pour te cacher, ta cape virevoltant dans le tourbillon que tu produis sur ton passage. Tu n’es jamais désarçonnée, et pas une seule tâche sur ton justaucorps bleu ne pourrait te faire passer pour une gymnaste peu soigneuse, ou pire encore, pour une amatrice, une farceuse, un plaisantin. Ton costume est comme neuf, et toi, tu es une justicière parfaite. Un super héros modèle, tu t’étonnes d’ailleurs qu’aucun « Comics » ne soit encore sorti à ton nom. Tu es universelle, tu es belle, tu es géniale, et la foule t’adule d’une seule voix : « Superwoman ». Si tu étais née il y a 1000 ans, tu aurais été une Amazone. Tu fermes les yeux, et tu t’imagines tour à tour chevalier, pirate, mousquetaire, drôle de dame, Sidney Bristow. Il y a des têtes à chapeaux. Pour ta part, tu es une Femme à masques.
Comme Clark Kent, un demi-tour rapide sur toi-même dans une cabine téléphonique déglinguée, et en un tour de mains, tu t’es changée. Une retouche maquillage, plus par habitude que par besoin. Les joues rosies, l’œil espiègle, tu as peur un instant que l’on te reconnaisse, parce que toi, tu ne portes pas de lunettes à monture écailles de tortue, comme ton acolyte Superman, ou encore comme Peter Parker. Mais tu te ressaisis, et songe qu’il n’y a aucun risque.
Après tout, qui irait te soupçonner, toi, avec ton poulet rôti dans le cabas à motifs vichy ? Toi, la ménagère fine cuisinière ? La femme exemplaire, la mère attentive ?
Et pendant que tu termines ta séance quotidienne de repassage en regardant Canal J en même temps que tes enfants, avachis sur le canapé tâché au nutella, tu te plais à penser que tu pourras achever ce songe demain. Et quand être une justicière masquée sera devenue routinier, un peu comme ta vie, tu pourras chercher au fin fond de ton imagination un autre fantastique rêve. Top australien, star hollywoodienne, femme comblée. Qui tu veux, quand tu veux, où tu veux, « c’est moi qui invite ».

3 Comments:
toujours cool.
<3<3<3"c'est moi qui invite" j'aiiime.
Cha je kiffe tes textes mais d'une force
c'est coeur comme on dit dans une autre dimension
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